Tennis à Madagascar : entre gloire passée et souffle nouveau

Le tennis malgache navigue aujourd’hui entre souvenirs glorieux et rêves de reconstruction. Longtemps considéré comme un sport réservé à une élite, il a su se démocratiser au fil du temps pour devenir un symbole de réussite sportive. Au tournant des années 1990, la discipline a franchi une étape majeure et connu son âge d’or grâce à une génération dorée. Mais après cette période fastueuse, un lent déclin s’est installé, avant que l’espoir ne renaisse sous l’impulsion d’une jeunesse ambitieuse, bien décidée à redonner à Madagascar sa place sur la scène africaine.

Un âge d’or inoubliable

L’essor du tennis malgache débute véritablement au début des années 1990. L’impulsion vient alors de Serge Ramiandrasoa, artisan de la création de la Fédération Malgache de Tennis (FMT) en 1991. Sous sa direction, la discipline entre dans une période d’expansion sans précédent. Les compétitions nationales se multiplient, les infrastructures s’améliorent, et les talents émergent.

Les sœurs Randriantefy, Dally et Natacha, deviennent les visages de cette réussite. Dally, notamment, inscrit Madagascar sur la carte mondiale : trois participations olympiques (Barcelone 1992, Atlanta 1996, Athènes 2004) et un classement WTA culminant dans le top 50 en avril 2005. Leur père et entraîneur, Max Randriantefy, est même sacré meilleur coach d’Afrique, symbole d’une réussite familiale et nationale.

Ce rayonnement n’aurait pas été possible sans le soutien d’entreprises locales telles que JIRAMA, Air Madagascar ou Telma, dont l’investissement a permis de consolider la formation et la compétitivité des athlètes. Durant cette période, le tennis malgache faisait vibrer le public et inspirait toute une génération.

Une période d’ombre ponctuée d’éclats

À partir de 2005, le recul devient inévitable. Le départ à la retraite de Dally Randriantefy en 2006 laisse un vide difficile à combler. L’élan accumulé pendant la décennie précédente s’essouffle : les infrastructures vieillissent, les moyens financiers s’amenuisent et la FMT traverse des crises internes, parfois même sous administration spéciale.

Pourtant, tout n’est pas perdu. Entre 2010 et 2020, quelques lueurs d’espoir apparaissent : montée en Groupe II de la Coupe Davis en 2010, cinq médailles d’or aux Jeux des Îles de la Réunion 2015, et la reconnaissance internationale de plusieurs acteurs du tennis local, à l’image de Naina Razatovo, premier juge-arbitre international malgache, ou de Dina Razafimahatratra, devenu coach ITF niveau 3 et directeur technique national.

Mais la pandémie de Covid-19 freine brutalement cette dynamique. En 2021, Madagascar est rétrogradé en Groupe V de la Coupe Davis, contraint de repartir de zéro.

À la recherche d’un nouvel élan

Aujourd’hui, la relève tente de ranimer la flamme. Une génération de jeunes joueurs — Lucas Andriamasilalao, Antso Rakotondramanga, Dylan Andrianaly, Valentin Rakotondrasoa, Sampras Rakotondrainibe, ou encore Mirija Andriantefihasina et Toky Ranaivo — incarne l’avenir du tennis malgache. Chez les dames, Iriela Rajaobelina, Elisoa Andriatefihasina, Ravaka Randriamanantonina et leurs coéquipières font figure d’espoir.

Héritier d’un passé prestigieux, le tennis malgache avance désormais avec détermination. Soutenu par la passion et le courage de sa jeunesse, il espère transformer l’héritage des Randriantefy en une renaissance durable, capable de replacer Madagascar parmi les nations phares du tennis africain.